Le greffage des Aeoniums : une technique pour accélérer la croissance de vos cultivars

Le greffage des Aeoniums : une technique pour accélérer la croissance de vos cultivars

Le greffage est une technique horticole utilisée depuis des siècles pour multiplier de nombreuses espèces végétales. Bien connue dans l’arboriculture fruitière ou la culture des rosiers, elle trouve également son intérêt dans le monde des plantes succulentes et notamment chez les Aeonium.

Chez les collectionneurs, le greffage n’a pas pour objectif de créer une nouvelle variété, mais de stimuler le développement d’un cultivar rare ou à croissance lente. En utilisant la vigueur d’un porte-greffe déjà bien établi, il est possible d’obtenir en quelques mois un développement qui demanderait parfois plusieurs années sur ses propres racines.

Dans ce guide, nous allons découvrir le principe du greffage des Aeonium, son intérêt, le vocabulaire indispensable à connaître ainsi que les conditions nécessaires pour réussir cette technique.


Qu’est-ce que le greffage ?

Le greffage est une méthode de multiplication végétative consistant à réunir deux plantes compatibles afin qu’elles ne forment plus qu’un seul organisme.

La partie supérieure, appelée greffon, provient de la variété que l’on souhaite multiplier.

Elle est fixée sur une seconde plante, appelée porte-greffe, dont le système racinaire est déjà parfaitement développé.

Une fois la greffe réussie, le porte-greffe fournit au greffon l’eau, les éléments minéraux et les réserves nutritives nécessaires à son développement.

Chez les Aeonium, cette technique consiste généralement à prélever une jeune rosette ou une bouture que l’on fixe sur un Aeonium adulte, vigoureux et bien enraciné.


Le vocabulaire indispensable

Avant de réaliser une greffe, il est utile de connaître quelques termes employés en horticulture.

Le porte-greffe

Également appelé sujet, le porte-greffe constitue la base de la future plante.

Son rôle est d’assurer l’alimentation du greffon grâce à son système racinaire déjà développé.

Chez les Aeonium, on privilégie généralement une plante adulte, parfaitement enracinée, saine et en pleine croissance.


Le greffon

Le greffon correspond à la bouture ou à la rosette que l’on souhaite multiplier.

Il peut s’agir d’un cultivar rare, d’une mutation variegata ou d’un hybride particulièrement recherché.

Une fois soudé au porte-greffe, il bénéficie immédiatement de toute la vigueur de celui-ci, ce qui accélère considérablement sa croissance.


Le cambium

Le cambium est un tissu végétal situé entre le bois et l’écorce.

Invisible de l’extérieur, il apparaît sous la forme d’une fine couche verdâtre lorsque la tige est fraîchement sectionnée.

Chez les Aeonium, comme chez la plupart des végétaux ligneux, c’est ce tissu qui produit les nouveaux vaisseaux conducteurs.

Pour qu’une greffe réussisse, les cambiums du greffon et du porte-greffe doivent impérativement être en contact. C’est cette continuité qui permettra la formation d’une soudure durable entre les deux plantes.


Pourquoi greffer un Aeonium ?

Contrairement à certaines espèces fruitières où le greffage permet d’améliorer la résistance aux maladies ou d’adapter une variété à un type de sol, l’objectif est beaucoup plus simple chez les Aeonium.

Le greffage est principalement utilisé pour :

  • accélérer la croissance d’un cultivar lent ;
  • développer plus rapidement une mutation rare ;
  • obtenir une plante de taille importante en un temps réduit ;
  • sécuriser certaines variétés fragiles en les installant sur un porte-greffe particulièrement vigoureux.

Cette technique est notamment très utilisée par certains producteurs asiatiques pour multiplier rapidement des cultivars récents.


Une technique temporaire

Il est important de rappeler que le greffage n’a généralement pas vocation à être permanent.

Une fois que le greffon a atteint un développement satisfaisant, il est conseillé de le séparer du porte-greffe afin qu’il produise son propre système racinaire.

Cette étape permet de retrouver une plante cultivée sur ses propres racines, généralement plus équilibrée à long terme et plus proche de son comportement naturel.


Les conditions indispensables à la réussite d’une greffe

Comme toute intervention horticole, le greffage demande un minimum de rigueur.

Plusieurs conditions augmentent considérablement les chances de réussite.

Utiliser des plantes parfaitement saines

Le porte-greffe comme le greffon doivent être exempts de maladies, de parasites et de blessures importantes.

Une plante affaiblie cicatrisera beaucoup plus difficilement.


Employer un matériel propre

Le couteau ou le greffoir utilisé doit être parfaitement affûté afin de réaliser une coupe nette.

Il est fortement recommandé de désinfecter la lame avant chaque greffe afin de limiter les risques de contamination bactérienne ou fongique.


Choisir des plantes compatibles

Chez les Aeonium, le greffon doit être greffé sur un autre Aeonium.

Plus la parenté botanique est proche, meilleures sont généralement les chances de réussite.


Aligner les cambiums

Il s’agit probablement du point le plus important.

Les couches de cambium du greffon et du porte-greffe doivent être mises en contact le plus précisément possible.

Sans cet alignement, aucune soudure durable ne pourra se former.


Maintenir la greffe pendant la cicatrisation

Selon la méthode utilisée, un lien souple, un ruban de greffage ou un élastique permet de maintenir les deux parties parfaitement immobiles durant la cicatrisation.

Une fois la soudure obtenue, cette ligature devra être retirée afin d’éviter tout étranglement de la tige.


Les étapes d’un greffage réussi

Le greffage des Aeonium reste une technique relativement simple lorsque les différentes étapes sont respectées.

Photos de Yinong Luo.

La trousse utile pour greffer un Aeonium

1. Réaliser une coupe nette

Un greffoir bien affûté avec protection de lame permet d’obtenir des surfaces régulières, plus faciles à mettre en contact. Travaillez sur un support stable, coupez en vous éloignant des doigts et rangez immédiatement la lame après usage.

2. Désinfecter entre chaque plante

De l’alcool à 70° permet de nettoyer la lame avant chaque greffe. Laissez-la sécher complètement avant de réaliser la coupe.

3. Immobiliser le greffon

  • Un ruban de greffage souple : il maintient les deux surfaces en contact sans déplacer le greffon.
  • Des élastiques de greffage : utiles lorsque la forme du greffon nécessite une pression légère et régulière. La tension ne doit jamais écraser les tissus.

4. Identifier et suivre l’essai

Des étiquettes résistantes à l’humidité permettent de noter le nom du greffon, celui du porte-greffe et la date de l’opération. Ces informations sont précieuses pour comparer les compatibilités et les délais de reprise.

Le contrôle indispensable : vérifiez régulièrement la stabilité et l’état des tissus. Retirez le ruban ou l’élastique dès que la soudure est suffisamment solide afin d’éviter tout étranglement de la tige.

À retenir : la qualité de la coupe, l’alignement des cambiums et l’immobilité du greffon comptent davantage que la quantité de matériel utilisée.

Les liens présents dans cet article

Les liens proposés dans cet article renvoient vers des produits disponibles sur Amazon. En cas d’achat, Variegated Aeonium perçoit une faible commission permettant de participer au financement de l’hébergement du site et de la création de contenus gratuits. Le prix reste strictement identique pour vous.

En savoir plus sur Variegated Aeonium

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture