Aeonium ‘Voodoo Flame’

Flame Voodoo

ORIGINE :
Mutation spontanée de l’Aeonium ‘Voodoo. Ce dernier est un hybride créé par l’horticulteur américain Jack Catlin à partir du croisement Aeonium undulatum × Aeonium ‘Zwartkop‘. Aeonium ‘Voodoo‘ fut diffusé en 2001 par l’International Succulent Introductions sous la référence ISI 2001-12.

Noms connus :
Voodoo Flame‘ (nom retenu sur VariegatedAeonium.fr), ‘Flame Voodoo‘, ‘Flame Mage‘, ‘Blazing Flame‘, ‘Roaring Flame et 烈焰 (Lièyàn, « flamme ardente »). Les sources chinoises le désignent notamment sous les appellations 烈焰法师 et 烈焰巫毒.

Date de création / créateur :
Découvert le 7 novembre 2020 par Dong Zhiwei, collègue de Xiaofei, dans les serres de Ou Ni/Ou Mud Horticulture en Chine. La source chinoise de Xiaofei permet exceptionnellement de suivre presque jour après jour la naissance et la multiplication de ce cultivar.


Histoire de l’origine de l’Aeonium ‘Voodoo Flame

L’histoire de l’Aeonium ‘Voodoo Flame‘ est particulièrement intéressante car, contrairement à beaucoup de cultivars chinois dont l’origine reste très mal documentée, sa découverte et les premières étapes de sa multiplication ont été photographiées et racontées par Xiaofei.

Tout commence le 7 novembre 2020.

Dong Zhiwei travaille alors dans la pépinière et réalise des greffes lorsqu’il remarque, sur un Aeonium ‘Voodoo‘ situé à proximité, plusieurs feuilles présentant des traces inhabituelles de panachure.

Au total, quatre feuilles portent une variegation.

À première vue, l’événement n’est pourtant pas forcément très prometteur : les marques panachées sont étroites et rien ne garantit alors que la mutation soit présente dans les tissus capables de produire de nouvelles pousses.

En examinant attentivement la plante, Xiaofei découvre cependant un petit bourgeon latéral présentant lui aussi une panachure bien marquée.

La mutation semble donc exploitable.


Sauver et fixer une mutation exceptionnelle

Commence alors un véritable travail de sélection horticole.

Deux solutions sont envisagées : tenter directement une multiplication par greffe de bourgeon ou supprimer la partie supérieure de la plante afin de provoquer l’apparition de nouvelles pousses latérales.

Xiaofei choisit la seconde solution.

Les feuilles dépourvues de panachure situées au-dessus de la zone mutée sont supprimées, tout comme les rejets entièrement verts. L’objectif est simple : concentrer autant que possible la croissance sur les tissus présentant la mutation.

Le 24 novembre 2020, seulement 17 jours après l’intervention, les premiers résultats apparaissent : un bourgeon latéral panaché se développe.

Trois jours plus tard, le 27 novembre, d’autres bourgeons commencent à apparaître.

Aeonium ‘Voodoo Flame’

Au 2 décembre, trois des quatre feuilles initialement panachées ont produit des pousses latérales. Deux d’entre elles présentent une variegation particulièrement intéressante.

Tout semble alors parfaitement engagé.

Aeonium ‘Voodoo Flame’

Mais quelques jours plus tard, la jeune mutation manque de disparaître.


Le 4 décembre 2020 : ‘Voodoo Flame‘ manque de disparaître

Le 4 décembre, Xiaofei remarque un écoulement aqueux au niveau d’une incision.

Son expérience lui fait immédiatement suspecter un début de pourriture de la tige.

Il intervient alors rapidement en découpant les tissus atteints. Heureusement, l’altération n’a pas encore gagné suffisamment profondément la tige pour condamner les tissus portant la mutation.

Les parties intéressantes sont récupérées et greffées sur des plantes saines afin de sauver le nouveau cultivar.

La tentative fonctionne.

Le 27 décembre, les greffes sont toujours vivantes et les bourgeons poursuivent leur développement. Au cours des mois suivants, les pousses non panachées sont systématiquement éliminées afin de privilégier celles présentant la meilleure variegation.

Aeonium ‘Voodoo Flame’
Aeonium ‘Voodoo Flame’

16 mars 2021

En avril 2021, soit environ six mois après la découverte de la mutation originale, la pépinière dispose déjà de six plantes présentant une belle panachure.

Aeonium ‘Voodoo Flame‘ était sauvé.


Description botanique

L’Aeonium ‘Voodoo Flame‘ est un Aeonium arbustif variegata de grand développement, issu d’une mutation de Aeonium ‘Voodoo‘.

Son parent est lui-même un cultivar imposant. Aeonium ‘Voodoo‘ résulte du croisement entre Aeonium undulatum et Aeonium ‘Zwartkop‘ et peut développer des tiges atteignant environ 1,50 m, portant des rosettes de l’ordre de 30 cm de diamètre.

La Ferme botanique de Kerveat souligne également son caractère particulièrement imposant et ses très grandes rosettes, largement héritées de Aeonium undulatum.

Aeonium ‘Voodoo Flame‘ conserve cette architecture générale, mais lui ajoute deux caractères particulièrement remarquables :

une panachure jaune très lumineuse et une morphologie foliaire profondément concave.

Ce dernier caractère est essentiel pour identifier correctement le cultivar.


Des feuilles en forme de cuillère

La particularité la plus intéressante de Aeonium ‘Voodoo Flame‘ n’est finalement peut-être pas sa couleur, mais la forme de ses feuilles.

Contrairement aux feuilles relativement planes de plusieurs autres mutations de Aeonium ‘Voodoo‘, celles de ‘Voodoo Flame‘ sont nettement concaves et incurvées vers le haut, avec un aspect rappelant une cuillère.

La source chinoise consacrée à l’histoire du cultivar fournit d’ailleurs une explication horticole intéressante : la croissance des tissus situés sur les marges panachées serait plus lente que celle des tissus centraux. Cette différence de vitesse de développement contribuerait à provoquer la courbure caractéristique du limbe.

Les feuilles peuvent également devenir ondulées ou légèrement enroulées.

Cette morphologie modifie complètement la silhouette de la rosette : au lieu de s’étaler horizontalement, les feuilles se redressent fortement.

Et c’est précisément cette caractéristique qui donnera son nom au cultivar.


Pourquoi le nom ‘Flame‘ ?

Lorsque vint le moment de baptiser le nouvel Aeonium, plusieurs noms furent envisagés par Xiaofei, ses collègues et quelques amis.

Mais la morphologie particulière de la plante finit par imposer une évidence.

Que ce soit en période de croissance ou de repos, les feuilles concaves restent largement dressées vers le haut. Associées aux colorations jaunes, orangées et rouges de la panachure, elles donnent à la rosette, lorsqu’elle est observée de profil, l’apparence d’une flamme qui s’élève.

Le nom chinois 烈焰 (Lièyàn) signifie justement « flamme ardente » ou « flammes déchaînées ».

Xiaofei explique que plusieurs autres noms avaient été envisagés avant que l’équipe ne considère finalement « Flame » comme celui qui représentait le mieux la plante.


Une panachure jaune particulièrement lumineuse

En période de croissance, Aeonium ‘Voodoo Flame‘ présente une panachure sensiblement différente de celle de plusieurs autres Aeonium ‘Voodoo‘ variegata.

Les zones panachées sont généralement jaune vif à jaune crème, associées aux parties chlorophylliennes vertes.

Sous une luminosité plus importante, les pigments rouges commencent progressivement à s’exprimer, particulièrement sur les marges et les zones les plus exposées.

La combinaison : vert + jaune + orange + rouge peut alors devenir particulièrement spectaculaire.

C’est cette coloration très chaude, associée aux feuilles dressées, qui donne véritablement l’impression d’une rosette enflammée.


Une variegation qui ne disparaît pas en été

Voilà une autre caractéristique particulièrement intéressante de Aeonium ‘Voodoo Flame‘.

Entre novembre 2020 et décembre 2021, les plantes originales ont pu être suivies pendant un cycle saisonnier complet dans la pépinière chinoise.

Selon Xiaofei, la conclusion fut particulièrement encourageante : la panachure ne disparaissait pas pendant l’été.

C’est un point important, car certains Aeoniums variegata peuvent fortement réduire visuellement leur panachure pendant leur période estivale.

Chez ‘Voodoo Flame‘, celle-ci reste au contraire bien visible.

Mieux encore, la source originale rapporte que plus la plante reçoit de lumière et subit un stress hydrique modéré, plus ses teintes rouges deviennent intenses.

Il ne faut évidemment pas interpréter cette observation comme une invitation à déshydrater excessivement la plante : un stress trop important peut endommager les tissus, particulièrement lors des fortes chaleurs.


Une étonnante coloration rouge des jeunes tiges

Un détail beaucoup moins connu permet également de reconnaître les jeunes Aeoniums ‘Voodoo Flame‘.

Les observations réalisées dans la pépinière d’origine montrent que les jeunes tiges peuvent présenter une coloration rouge.

Ce caractère n’était pas observé de la même manière sur Aeonium ‘Voodoo‘ ni sur la forme comparée dans la source chinoise.

Cette coloration n’est toutefois pas permanente : elle disparaît progressivement lorsque la tige vieillit, s’épaissit et se lignifie.

Il s’agit donc surtout d’un caractère intéressant à observer sur les jeunes plantes.


Différence entre Aeonium ‘Voodoo Flame‘ et Aeonium ‘Voodoo Ultra White

Ces deux Aeonium peuvent facilement être différenciés lorsque l’on sait quels caractères observer.

La forme des feuilles

C’est probablement le critère le plus fiable.

Chez Aeonium ‘Voodoo Flame‘, les feuilles sont fortement concaves, souvent ondulées et orientées vers le haut.

Chez Aeonium ‘Voodoo Ultra White‘, elles sont globalement beaucoup plus plates et régulières.

Aeonium ‘Voodoo Flame’

Cette différence modifie considérablement la silhouette générale des deux rosettes.

La couleur de la panachure

Chez Aeonium ‘Voodoo Flame‘, la panachure présente une dominante jaune à jaune vif.

Aeonium ‘Voodoo White‘ possède au contraire des zones panachées beaucoup plus blanches ou blanc crème.

Aeonium ‘Voodoo Flame’

La coloration estivale

Sous une forte luminosité, ‘Voodoo Flame‘ développe facilement des teintes rouges intenses tout en conservant sa panachure.

Cette combinaison jaune-rouge contribue fortement à son aspect de « flamme ».

La silhouette

Même sans regarder précisément les couleurs, la forme générale permet souvent de les distinguer : ‘Voodoo Flame‘ possède une rosette beaucoup plus verticale et tridimensionnelle, tandis que ‘Voodoo White‘ conserve une disposition foliaire plus classique.


Croissance et capacité à rejeter

Comme son parent Aeonium ‘Voodoo‘, ‘Voodoo Flame‘ peut devenir un Aeonium de grande taille.

Aeonium ‘Voodoo‘ est naturellement peu ramifié : il développe souvent une grande tige dominante et produit nettement moins de branches que son cultivar frère Aeonium ‘Cyclops‘.

Cette caractéristique explique probablement en partie pourquoi les différentes mutations de ‘Voodoo‘ ont généralement une capacité naturelle à rejeter relativement faible.

La croissance de Aeonium ‘Voodoo Flame‘ reste néanmoins satisfaisante lorsqu’il possède une quantité suffisante de chlorophylle.

Il faut simplement prévoir, à terme, un contenant suffisamment stable et un espace conséquent pour permettre à la plante d’exprimer pleinement son développement.


Culture et comportement en été

La vigueur de Aeonium ‘Voodoo‘ ne doit pas faire oublier que cette lignée apprécie davantage les températures modérées que les chaleurs extrêmes.

Les sources horticoles consacrées à Aeonium ‘Voodoo‘ indiquent une tolérance aux fortes chaleurs plutôt modérée.

Pour Aeonium ‘Voodoo Flame‘, la prudence est encore plus justifiée en raison de ses zones panachées, naturellement moins riches en chlorophylle.

Une forte luminosité permet d’obtenir ses plus belles couleurs, mais il est préférable d’acclimater progressivement la plante et de la protéger du soleil brûlant pendant les épisodes de canicule.

Un substrat très drainant et une bonne ventilation restent également essentiels.


Une mutation remarquablement bien documentée

Aeonium ‘Voodoo Flame‘ occupe finalement une place assez particulière parmi les nombreux Aeoniums variegata apparus en Chine depuis le début des années 2020.

Ce n’est pas seulement une belle mutation.

C’est aussi l’un des rares cultivars pour lesquels nous disposons d’un récit précis de sa découverte, de photographies de la plante originale, de dates successives de développement et d’informations sur les techniques utilisées pour sauvegarder puis multiplier la mutation.

La source chinoise publiée à partir du témoignage de Xiaofei confirme notamment la découverte du 7 novembre 2020, les interventions successives sur la plante, l’accident de pourriture de décembre, la multiplication des bourgeons panachés et l’observation du cultivar pendant une année complète.

Cette documentation permet de suivre pratiquement la naissance d’un nouvel Aeonium variegata, depuis quatre petites marques de panachure apparues sur quelques feuilles d’un Aeonium ‘Voodoo‘ jusqu’au cultivar aujourd’hui présent dans les collections.

PHOTOS PERIODE HIVERNALE

PHOTOS PERIODE ESTIVALE

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