Origine :
Mutation de l’Aeonium ‘Velour’.
Noms connus :
‘Medusa’ (nom le plus répandu), 美杜莎.
Date de création / Créateur :
Découvert en 2016 aux Pays-Bas puis développé et diffusé en Chine par Wu Ning de Vivum Garden.
Une souche plus ancienne aurait été observée en France dès 2011 sous une appellation similaire, mais il reste aujourd’hui difficile de confirmer s’il s’agit du même cultivar ou d’une mutation différente. Des recherches complémentaires sont toujours nécessaires sur cette première apparition.
Histoire de l’origine de l’Aeonium ‘Medusa’
L’Aeonium ‘Medusa’ occupe une place particulière dans l’histoire récente des Aeoniums variegata. Il est considéré par beaucoup de collectionneurs comme l’un des cultivars ayant largement contribué à l’engouement actuel pour les Aeoniums panachés modernes.
Son histoire commence en 2016 aux Pays-Bas, lorsqu’un horticulteur découvre un nouvel Aeonium variegata particulièrement remarquable. Il décide alors de présenter cette découverte sur les réseaux sociaux afin de partager son intérêt pour cette plante exceptionnelle.
Cette publication attire immédiatement l’attention de Wu Ning, fondateur de Vivum Garden en Chine, qui tombe sous le charme de cet Aeonium aux couleurs inédites. Convaincu de son potentiel esthétique et commercial, il entreprend alors de longues démarches afin d’acquérir un exemplaire de cette mutation.
Après plusieurs échanges et négociations, Wu Ning réussit finalement à acheter un plant en août 2017 pour une somme considérée comme exceptionnelle à l’époque : 1 000 euros. Il se rend alors personnellement aux Pays-Bas afin de récupérer cette plante unique.
Quelques mois plus tard, fin 2017, il retourne aux Pays-Bas et entame de nouvelles négociations avec l’horticulteur afin d’acquérir l’ensemble des plants disponibles. Un accord est finalement trouvé permettant à cette variété d’être multipliée et progressivement diffusée en Chine.


C’est également Wu Ning qui choisit le nom ‘Medusa’ en référence à la célèbre créature de la mythologie grecque, Méduse (ou Medusa en anglais). Dans la mythologie, cette Gorgone possède une chevelure composée de serpents et son regard a le pouvoir de transformer les êtres vivants en pierre.
Cette référence symbolique vient probablement de l’aspect spectaculaire de cet Aeonium : ses zones sombres presque noires contrastant avec ses bordures rouges rappellent une apparence mystérieuse et fascinante, à l’image de cette figure mythologique devenue l’archétype de la beauté dangereuse et de la femme fatale.


Description botanique
L’Aeonium ‘Medusa’ est un Aeonium arbustif panaché (variegata) issu d’une mutation de l’Aeonium ‘Velour’.
Il se caractérise par une rosette particulièrement graphique avec un contraste exceptionnel entre ses différentes zones de coloration.
En période hivernale, lorsque la luminosité est plus faible, son feuillage présente généralement :
- une bande centrale verte plus ou moins foncée ;
- deux bandes latérales couleur crème à jaune pâle ;
- une présence régulière de nuances rouges ou rosées sur les bordures des feuilles.
Le cœur de la rosette conserve un aspect lumineux grâce à l’association entre le vert central et les zones crème qui l’entourent.
Une coloration spectaculaire au fil des saisons
L’une des grandes particularités de l’Aeonium ‘Medusa’ réside dans son évolution chromatique importante selon les conditions de culture.
Avec l’augmentation de la luminosité, des températures et du stress hydrique estival :
- la bande centrale verte devient progressivement plus sombre ;
- elle peut évoluer vers des teintes presque noires en plein été ;
- les zones crème périphériques prennent des couleurs rouges de plus en plus intenses jusqu’à devenir rouge vif.
Cette transformation saisonnière est l’un des éléments qui expliquent son immense popularité auprès des collectionneurs.
Un même individu peut ainsi présenter un aspect très différent entre la période hivernale et la période estivale, passant d’un feuillage élégant aux tons crème et verts à une plante spectaculaire aux contrastes noirs et rouges.
Culture et comportement
L’Aeonium ‘Medusa’ est réputé pour être un cultivar relativement facile de culture.
Ses principales caractéristiques horticoles :
- Croissance : plutôt rapide ;
- Capacité à rejeter : excellente ;
- Fragilité : faible dans des conditions adaptées ;
- Résistance : bonne tolérance au soleil et à la chaleur.
Contrairement à certains Aeoniums variegata fortement dépigmentés, ‘Medusa’ conserve généralement une quantité suffisante de chlorophylle pour assurer une bonne vigueur.
Comme tous les Aeoniums, il reste toutefois sensible au gel et aux températures négatives prolongées.
Une exposition lumineuse permet d’obtenir ses plus belles couleurs, mais une bonne gestion de l’arrosage reste essentielle durant les périodes chaudes afin d’éviter les problèmes liés à un excès d’humidité lorsque la plante ralentit sa croissance.
Aeonium ‘Medusa’ : une nouvelle piste qui pourrait bouleverser son histoire d’origine
L’histoire de l’Aeonium ‘Medusa’ pourrait bien connaître un nouveau chapitre inattendu.
Jusqu’à aujourd’hui, l’origine communément admise de cet Aeonium variegata remonte à 2016, année durant laquelle une mutation issue d’un Aeonium ‘Velour’ aurait été commercialisée par un producteur de plantes succulentes aux Pays-Bas, avant d’être ensuite développée et multipliée en Chine (voir la fiche complète consacrée à l’Aeonium ‘Medusa’).
Mais une question restait en suspens : cet Aeonium est-il réellement apparu pour la première fois aux Pays-Bas en 2016 ?
Après plusieurs recherches dans les archives de forums spécialisés et auprès de collectionneurs passionnés, une découverte pourrait remettre en question cette origine aujourd’hui largement répandue.
Une première apparition possible dès 2011… en France
En remontant les anciennes publications d’un forum de passionnés de cactus et de plantes succulentes, j’ai retrouvé une information particulièrement intrigante.
En 2011, un collectionneur français présente une mutation spontanée apparue sur un Aeonium ‘Velour’. Une plante présentant déjà les caractéristiques d’un Aeonium variegata issu de cette variété : une croissance particulière, des secteurs panachés et une esthétique très proche de ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom d’Aeonium ‘Medusa’.
Cette découverte serait donc, à ce jour, la plus ancienne trace photographique connue d’un Aeonium variegata issu de ‘Velour’.
Une découverte qui précède de cinq années la date actuellement retenue pour l’apparition de ‘Medusa’ aux Pays-Bas.


2013 : une ressemblance troublante avec l’actuel ‘Medusa’
Deux ans plus tard, en 2013, ce même passionné publie une nouvelle photographie montrant l’évolution de sa plante.
À ce stade, les similitudes avec l’Aeonium ‘Medusa’ actuel deviennent particulièrement frappantes :
- la forme des rosettes,
- la disposition des zones panachées,
- le contraste entre les tissus verts et crème,
- ainsi que l’aspect général de la plante.
Cette publication pourrait donc représenter la première image connue d’un Aeonium correspondant visuellement au ‘Medusa’ tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Rapidement, cette plante attire l’attention des membres du forum. De nombreux passionnés manifestent leur intérêt et demandent des boutures. Quelques exemplaires sont alors distribués ou vendus.
Mais le destin de cette mutation reste fragile.
D’après les échanges disponibles, les différentes boutures envoyées ne semblent pas avoir survécu durablement. Le collectionneur lui-même finit par perdre son unique pied mère durant l’été 2016.
En 2018, il explique même espérer qu’une des boutures distribuées quelques années auparavant soit encore vivante quelque part chez un autre passionné.
Une hypothèse : le lien possible avec les Pays-Bas
Cette chronologie ouvre alors une nouvelle hypothèse.
Il est possible qu’une des boutures distribuées entre 2013 et 2016 ait finalement trouvé son chemin jusqu’aux Pays-Bas, où elle aurait ensuite été cultivée, stabilisée et multipliée avant d’être commercialisée sous le nom de ‘Medusa’.
Les dates correspondent parfaitement à ce scénario.
Bien sûr, aucune preuve formelle ne permet aujourd’hui de confirmer cette filiation. Une autre possibilité existe également : qu’une mutation similaire soit apparue indépendamment sur un autre Aeonium ‘Velour’ aux Pays-Bas à la même période.
Après tout, une mutation spontanée peut toujours survenir plusieurs fois dans des conditions similaires.
Cependant, il faut également garder à l’esprit que l’Aeonium ‘Velour’, créé en 1976, n’a apparemment montré aucune mutation variegata connue pendant plusieurs décennies. Le fait que deux mutations quasiment identiques apparaissent à quelques centaines de kilomètres de distance au début des années 2010 reste donc une hypothèse possible… mais statistiquement peu probable.
À la recherche du chaînon manquant
Pour tenter d’éclaircir cette énigme botanique, j’ai finalement pris contact avec l’auteur de ces anciennes publications, le 24 novembre 2025.
L’excitation était grande avant cet appel. Après toutes ces recherches, je me prenais presque pour un enquêteur botanique à la recherche d’un indice oublié, façon « inspecteur Colombo » des Aeonium.
Malheureusement, la réalité a été beaucoup moins spectaculaire.
La personne contactée n’a aujourd’hui que très peu de souvenirs de cette mutation apparue chez elle il y a plus de quatorze ans. N’étant pas spécialisée dans les Aeonium, cette plante n’avait pas forcément représenté à l’époque un événement majeur à ses yeux.
Nous ne pourrons donc probablement jamais savoir avec certitude si cette mutation française de 2011 était réellement le tout premier Aeonium ‘Medusa’ de l’histoire.
Un appel aux passionnés d’Aeonium
Mais l’enquête n’est peut-être pas terminée.
Je lance aujourd’hui une bouteille à la mer… ou plutôt dans le vaste monde du World Wide Web.
Si vous avez récupéré une bouture de cet ancien Aeonium ‘Velour’ variegata français, si vous connaissez quelqu’un qui aurait conservé cette lignée, ou si vous possédez la moindre information permettant de retracer son parcours, n’hésitez surtout pas à me contacter.
Chaque détail peut permettre de reconstituer une partie de cette histoire fascinante.
Car derrière chaque mutation végétale se cache une aventure unique : celle d’une plante apparue par hasard, puis transmise de collectionneur en collectionneur… jusqu’à parfois devenir une variété connue dans le monde entier.
L’histoire de l’Aeonium ‘Medusa’ n’a peut-être pas encore livré tous ses secrets.
PHOTOS PÉRIODE HIVERNALE











PHOTOS PÉRIODE ESTIVALE








RÉVERSION DE L’AEONIUM ‘MEDUSA’

DIFFÉRENCE MEDUSA ET PINK MEDUSA





