Aeonium Saint Simon Violet

Aeonium Saint Simon Violet

Origine :
Obtention japonaise panachée appartenant au groupe d’Aeonium arboreum ‘Saint Simon’ / Atropurpureum. Le registre japonais compare officiellement ce cultivar à ‘Saint Simon’ et à 黒法師 (‘Kurohoshi’), dont il se distingue notamment par sa panachure marginale. Il s’agit très probablement d’une mutation végétative sélectionnée sur un Aeonium arbustif sombre de cette lignée, mais le parent direct et les circonstances exactes de son apparition ne sont pas précisés dans le document d’enregistrement.

Noms connus :
‘Saint Simon Violet’, サンシモンバイオレット (San Shimon Baioretto), ‘St. Simon Violet’, ‘St Simon Violet’, ‘Saint-Simon Violet’ et 墨法師錦 / 墨法师锦 (Mò Fǎshī Jǐn). Ce dernier nom signifie approximativement « Aeonium noir d’encre panaché ». ‘Ink Master Brocade’ est une traduction littérale maladroite du chinois. 黒法師錦 / 黑法師錦 et ‘Black Rose Variegated’ sont des désignations descriptives ambiguës.

Date de création / commercialisation :
Cultivar créé au Japon par Seiji Takahashi — 高橋成治. La demande de protection variétale a été déposée le 17 février 2005, publiée le 10 août 2005 puis enregistrée le 6 février 2009 sous le numéro japonais 17243. La plante existait donc nécessairement avant février 2005. Sa diffusion commerciale au Japon est documentée au plus tard en 2015, puis son introduction en Chine au plus tard en 2018.

UN CULTIVAR JAPONAIS À L’HISTOIRE PARFAITEMENT IDENTIFIABLE

L’Aeonium ‘Saint Simon Violet’ fait partie des anciens Aeoniums panachés japonais qui ont joué un rôle important dans les collections asiatiques avant l’explosion contemporaine des cultivars chinois.

Contrairement à de nombreuses variétés dont l’origine s’est progressivement perdue au fil de leur diffusion internationale, ‘Saint Simon Violet’ possède une histoire particulièrement bien documentée.

La base officielle des variétés du ministère japonais de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF) conserve en effet son dossier d’enregistrement.

La demande concernant ‘Saint Simon Violet’ a été déposée le 17 février 2005 sous le numéro 18017, puis rendue publique le 10 août 2005. Après examen, le cultivar a été officiellement enregistré le 6 février 2009, sous le numéro 17243.

Son obtenteur et titulaire de l’enregistrement est Seiji Takahashi (高橋成治), domicilié à Hekinan, dans la préfecture d’Aichi au Japon.

Il s’agit donc incontestablement d’un cultivar japonais, déjà suffisamment établi au début de l’année 2005 pour faire l’objet d’une demande officielle de protection variétale.


UN CULTIVAR DÉCRIT OFFICIELLEMENT

Le dossier japonais permet également de disposer d’une description particulièrement intéressante.

‘Saint Simon Violet’ développe des rosettes relativement petites mais composées d’un grand nombre de feuilles.

Celles-ci sont décrites comme plutôt courtes et relativement étroites, de forme spatulée et terminées par une extrémité pointue.

Mais c’est naturellement leur coloration qui constitue l’intérêt principal du cultivar.

Le document d’enregistrement décrit une couleur principale rouge sombre, associée à une panachure marginale, dont la couleur est officiellement qualifiée de brune.

Selon la saison, l’exposition et les conditions de culture, cette combinaison peut produire une palette beaucoup plus spectaculaire : vert, jaune-vert, brun, rouge, pourpre et violet peuvent se mêler au sein d’une même rosette.

C’est précisément cette capacité à développer des tons rouge-pourpre particulièrement profonds qui explique probablement l’utilisation du terme « Violet » dans son nom.


UNE PLANTE QUI CHANGE AVEC LES SAISONS

Comme beaucoup d’Aeoniums fortement pigmentés, ‘Saint Simon Violet’ peut présenter des apparences extrêmement différentes au cours de l’année.

Durant sa période de croissance, le centre des rosettes peut conserver des tonalités plus vertes ou jaune-vert, tandis que les feuilles périphériques développent progressivement leurs pigments rouges et pourpres.

Avec une forte luminosité et des températures favorables à la coloration, les contrastes deviennent particulièrement spectaculaires.

Les feuilles peuvent alors présenter un centre plus clair entouré d’une large zone rouge brunâtre à pourpre foncé.

À l’inverse, une plante cultivée dans des conditions moins lumineuses peut présenter des couleurs beaucoup plus vertes et perdre temporairement une partie du contraste qui fait sa réputation.


UNE DIFFUSION VERS LA CHINE

‘Saint Simon Violet’ a ensuite intégré les collections chinoises d’Aeoniums.

Une source chinoise ancienne consacrée aux Aeoniums panachés le répertorie sous le nom 墨法師錦 (Mò Fǎshī Jǐn) et précise explicitement que cette variété a été découverte au Japon.

Cette même source donne également 圣西门紫罗兰, traduction phonétique et sémantique chinoise de ‘Saint Simon Violet’.

Cette documentation chinoise est intéressante car elle montre que le cultivar circulait déjà dans les collections asiatiques sous plusieurs appellations.

Elle explique probablement pourquoi certaines plantes provenant aujourd’hui de Chine peuvent être proposées sous un nom chinois sans que leur origine japonaise soit immédiatement perceptible.


UNE VARIÉTÉ RÉPUTÉE FRAGILE

‘Saint Simon Violet’ est un Aeonium particulièrement attrayant, mais il n’est pas nécessairement l’un des plus faciles à conserver sur le long terme.

Sa panachure, associée à une pigmentation extrêmement importante, peut réduire considérablement la proportion de tissu chlorophyllien réellement actif.

Certaines rosettes particulièrement colorées peuvent donc présenter une croissance assez lente et une sensibilité supérieure aux excès climatiques.

La plante apprécie une forte luminosité pendant sa période de croissance afin de conserver ses couleurs, mais une transition trop brutale vers un soleil intense peut endommager les parties les plus claires.

Comme pour beaucoup d’Aeoniums de cette lignée, une attention particulière doit également être portée à la période estivale : chaleur importante, substrat humide et mauvaise ventilation constituent une combinaison particulièrement défavorable.

La culture doit donc rechercher un équilibre entre une luminosité suffisante pour obtenir ses magnifiques couleurs et une protection contre les conditions extrêmes susceptibles d’affaiblir la plante.


⚠️ Une confusion semble aujourd’hui fréquente entre Aeonium ‘Saint Simon Violet’ et les plantes commercialisées sous les noms Aeonium ‘Darth Vader’ ou ‘Zwartkop Variegata’. Compte tenu de leur origine commune dans le groupe des Aeoniums arbustifs sombres et de leur panachure marginale très similaire, il est probable qu’une partie des exemplaires vendus comme ‘Darth Vader’ soient en réalité des ‘Saint Simon Violet’ renommés. Faute de généalogie distincte et de critères morphologiques fiables, leur séparation doit donc rester prudente.


UNE PIÈCE IMPORTANTE DE L’HISTOIRE DES AEONIUMS PANACHÉS

Au-delà de son intérêt esthétique, ‘Saint Simon Violet’ possède aujourd’hui un véritable intérêt historique.

Son dossier officiel permet de documenter avec une rare précision l’existence d’un Aeonium panaché japonais dès le milieu des années 2000.

Alors que de nombreuses variétés anciennes ne peuvent être retracées qu’à partir de catalogues commerciaux, de témoignages de collectionneurs ou de photographies anciennes, nous disposons ici d’un document administratif donnant un obtenteur, une date de dépôt et une description morphologique officielle.

L’Aeonium ‘Saint Simon Violet’ constitue ainsi l’un des cultivars historiques particulièrement intéressants pour comprendre le développement des Aeoniums variegata en Asie avant l’essor considérable de la sélection chinoise au cours des décennies suivantes.

PHOTOS PÉRIODE HIVERNALE

PHOTOS PÉRIODE ESTIVALE


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