Aeonium ‘Black Besta’

Aeonium 'Black Besta'

Origine:
Issu d’une mutation de l’Aeonium ‘Mardi Gras. Son aspect et surtout ses marbrures sombres laissent fortement penser qu’il pourrait plus précisément être issu de la lignée de l’Aeonium Ink Painting, lui-même considéré comme une mutation de Aeonium ‘Mardi Gras‘. Cette filiation avec ‘Ink Painting‘ reste néanmoins à confirmer.

Noms connus :
Black Besta‘ (nom le plus répandu), ‘Mars‘.

Date de création / commercialisation :
On commence à le voir circuler vers 2021 en Chine. Son créateur reste à ce jour inconnu.


Une origine liée à Aeonium ‘Ink Painting‘ ?

Cette hypothèse mérite une attention particulière.

L’Aeonium ‘Ink Painting‘, également connu sous le nom ‘Ecstasy‘, est aujourd’hui généralement considéré comme une mutation de ‘Mardi Gras‘ apparu en Asie. Il se caractérise notamment par une panachure longitudinale irrégulière, parcourue de stries et de zones pigmentées rappelant visuellement les coulures d’une peinture à l’encre.

Or certaines mutations observées sur Aeonium ‘Ink Painting‘ peuvent produire des secteurs extrêmement proches de l’apparence de ‘Black Besta‘.

L’observation d’une transformation temporaire d’une rosette de Aeonium ‘Ink Painting‘ vers un phénotype pratiquement identique à ‘Black Besta‘ constitue donc un indice particulièrement intéressant.

Cela ne permet évidemment pas de démontrer génétiquement la filiation, mais cette observation renforce cette hypothèse.


Description botanique

L’Aeonium ‘Black Besta‘ est un Aeonium arbustif variegata particulièrement atypique.

Contrairement à de nombreux Aeoniums variegata dont la panachure repose sur une opposition nette entre des bandes vertes et crème, ‘Black Besta‘ présente une expression beaucoup plus discrète et surtout extrêmement dépendante des conditions de culture.

Sa particularité réside essentiellement dans l’apparition de pigments rouge sombre, bordeaux, pourpres puis presque noirs, répartis irrégulièrement sur le limbe.

C’est précisément cette pigmentation sombre qui lui donne son aspect caractéristique.


Une panachure presque invisible en hiver

En plein hiver, lorsque la luminosité est faible et que la croissance est active, Aeonium ‘Black Besta‘ peut devenir étonnamment vert.

La panachure peut alors être extrêmement discrète, voire pratiquement invisible.

Les feuilles présentent généralement une coloration verte relativement uniforme, mais un examen attentif permet souvent d’observer un fin liseré mauve, pourpre ou bordeaux sur leur périphérie.

Cette caractéristique est importante pour l’identification du cultivar pendant sa phase la moins colorée.

Une plante achetée pour ses magnifiques couleurs sombres peut donc présenter pendant plusieurs mois une apparence beaucoup plus sobre.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle a réversé.


L’apparition des marbrures pourpres

Lorsque la luminosité augmente, ‘Black Besta‘ commence véritablement à révéler son identité.

Des marbrures rouge bordeaux à violet foncé apparaissent progressivement sur le limbe.

Contrairement à une panachure parfaitement régulière, ces zones pigmentées sont distribuées de manière relativement aléatoire.

Certaines feuilles peuvent présenter seulement quelques marques tandis que d’autres deviennent presque entièrement colorées.

Aeonium 'Black Besta'
Marbrures violet foncé caractéristiques de l’Aeonium ‘Black Besta’

Marbrures violet foncé caractéristiques de l’Aeonium ‘Black Besta

Cette irrégularité est probablement l’un des caractères les plus intéressants du cultivar.

Elle rappelle justement l’expression très variable des stries et marbrures observées chez Aeonium ‘Ink Painting‘. Ce dernier est connu pour présenter une panachure striée dont l’intensité et les couleurs évoluent fortement au cours de l’année.


Une transformation spectaculaire avec la lumière

Avec l’augmentation de la luminosité, des températures et éventuellement d’un léger stress hydrique, la pigmentation s’intensifie progressivement.

Le rouge bordeaux devient pourpre puis violet très sombre.

Dans de bonnes conditions, cette pigmentation peut finir par gagner une grande partie du feuillage et donner à la rosette une apparence presque noire.

Cette transformation est particulièrement spectaculaire car elle permet à la plante de passer du vert au bordeaux au pourpre au violet presque noir.

Le contraste entre l’apparence hivernale et estivale peut donc être considérable.

Il s’agit probablement de l’une des raisons pour lesquelles Aeonium ‘Black Besta‘ peut être difficile à identifier à partir d’une seule photographie.


Une variégation différente des Aeonium classiques

Le terme variegata mérite ici une petite précision.

Chez de nombreux cultivars, la variégation correspond à des zones présentant une quantité réduite ou une absence de chlorophylle, produisant les bandes blanches, crème ou jaunes caractéristiques.

Chez ‘Black Besta‘, l’intérêt visuel repose davantage sur une expression irrégulière de pigments sombres et de marbrures que sur une panachure blanche spectaculaire.


Croissance et capacité à rejeter

Aeonium ‘Black Besta‘ possède une croissance dans la moyenne des Aeoniums variegata.

Sa capacité à produire des rejets est également correcte. Avec le temps, une plante bien installée peut donc former plusieurs rosettes et adopter progressivement un port plus arbustif.

À ce jour, aucune fragilité particulièrement caractéristique du cultivar ne semble avoir été clairement identifiée.

Il faudra néanmoins continuer à surveiller ce point.

La prudence est notamment justifiée par son éventuelle proximité avec ‘Ink Painting‘. Plusieurs mutations appartenant à cette lignée sont connues pour présenter une certaine instabilité et parfois une sensibilité supérieure à la moyenne. ‘Ink Painting‘ et plusieurs de ses dérivés sont également connus pour avoir tendance à fleurir relativement facilement mais cela ne semble pas être le cas chez ce dernier.


Une origine Aeonium ‘Ink Painting‘ qui semble se vérifier

L’un des éléments les plus intéressants concernant l’origine de ‘Black Besta‘ est l’observation d’une mutation temporaire apparue directement sur un Aeonium ‘Ink Painting.

Une partie de la plante a développé une coloration et des marbrures extrêmement proches de celles observées chez ‘Black Besta‘.

Ce phénomène est particulièrement intéressant car les Aeoniums variegata peuvent produire des sports, c’est-à-dire des secteurs ou des rejets présentant une expression différente de la plante mère.

Lorsque cette modification touche un méristème et reste stable lors de la multiplication végétative, elle peut potentiellement être isolée et donner naissance à un nouveau clone horticole.

Cette observation pourrait donc expliquer parfaitement l’origine de ‘Black Besta‘.

Elle ne constitue pas encore une preuve définitive, mais elle renforce considérablement l’hypothèse d’une filiation :

Aeonium ‘Mardi Gras‘ → Aeonium ‘Ink Painting‘ → Aeonium ‘Black Besta


Un Aeonium encore très rare

Malgré une commercialisation remontant à plusieurs années, Aeonium ‘Black Besta‘ reste étonnamment peu présent dans les collections.

Les informations disponibles sur Internet sont également très limitées. Même les bases et pépinières spécialisées documentant de nombreux cultivars asiatiques fournissent peu d’informations spécifiques à son sujet.

PHOTOS PÉRIODE HIVERNALE

PHOTOS PÉRIODE ESTIVALE

Une origine ‘Ink Painting’ qui semble se vérifier


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