Origine:
Très probablement issu d’une mutation de l’Aeonium ‘haworthii‘. Cette origine, longtemps présentée comme une mutation de l’Aeonium ‘leucoblepharum‘, mérite aujourd’hui d’être sérieusement réévaluée. La morphologie de la plante, son comportement en culture et surtout la couleur de sa floraison sont davantage compatibles avec une origine ‘haworthii‘. Un rapprochement avec l’Aeonium ‘Floresens‘, lui-même rattaché à cette lignée, est également possible.
Noms connus :
‘Macaroon’ — nom international principal —, ‘Macaron’, ‘Macaroon Variegated’, ‘Macaroon Variegata’, ‘Leucoblepharum Middle’, ‘Leucoblepharum Middle Variegated’ et ‘Leucoblepharum Variegated Hybrid’. Les noms faisant référence à leucoblepharum proviennent de sa filiation commerciale initialement supposée, désormais remise en question. Aucun nom chinois original n’a été identifié.
Date de création / créateur :
Commercialisation vers 2021 (Chine).
Histoire et origine de l’Aeonium ‘Macaroon‘
L’Aeonium ‘Macaroon‘ est un Aeonium variegata particulièrement intéressant sur le plan botanique, car son origine communément admise semble aujourd’hui devoir être remise en question.
Il a longtemps été présenté comme une forme « Middle » de l’Aeonium ‘leucoblepharum‘. Cette appellation explique d’ailleurs la présence du nom commercial ‘Leucoblepharum Middle‘ encore rencontré aujourd’hui.
Pourtant, plusieurs éléments rendent cette filiation difficile à défendre.
L’Aeonium ‘leucoblepharum‘ est une espèce originaire d’Afrique de l’Est et du Yémen, avec une aire naturelle allant notamment de l’Érythrée au nord de la Tanzanie et au Yémen. Sa caractéristique la plus importante dans le cadre de cette comparaison est sa floraison jaune. Les fleurs sont généralement composées de 7 à 10 pétales jaunes.
Or, l’Aeonium ‘Macaroon‘ présente une floraison blanche à blanc crème.
Cette différence n’est pas anodine chez les Aeoniums : la morphologie de la fleur constitue justement l’un des caractères les plus intéressants pour essayer de déterminer l’affinité d’un cultivar lorsque son origine historique est incertaine.
À l’inverse, l’Aeonium ‘haworthii‘ possède lui aussi une floraison blanche à blanc crème. Les descriptions botaniques indiquent des fleurs crème, parfois blanchâtres, pouvant présenter de légères nuances rosées.
La comparaison ne s’arrête pas à la floraison. ‘Macaroon‘ présente également une morphologie générale très proche de celle de ‘haworthii‘ : petite taille, nombreuses ramifications, rosettes relativement compactes et feuilles épaisses.
Ces différents indices rendent donc l’hypothèse d’une origine ‘haworthii‘ particulièrement crédible.
Description botanique
L’Aeonium ‘Macaroon‘ est un Aeonium arbustif variegata de petite taille, qui forme progressivement un buisson composé de nombreuses ramifications.
Contrairement à certains Aeonium variegata pouvant rapidement former de grandes tiges et des rosettes imposantes, ‘Macaroon‘ reste relativement compact. Cette caractéristique, associée à sa tendance naturelle à produire de nombreux rejets, en fait un cultivar particulièrement intéressant pour la culture en pot et les collections.
Son feuillage est constitué de feuilles épaisses, charnues, lisses et brillantes, présentant une forme relativement compacte.
La ressemblance avec l’Aeonium ‘haworthii‘ est particulièrement intéressante puisque l’espèce botanique possède elle aussi des feuilles fermes, obovales, disposées en rosettes relativement petites et souvent bordées de rouge.
Une panachure qui peut presque disparaître
En période hivernale, lorsque la luminosité est plus faible, le feuillage de ‘Macaroon‘ présente généralement :
- une fine bande centrale jaune à crème ;
- deux larges zones latérales vertes ;
- un liseré périphérique pouvant prendre des nuances roses ou rouges.
L’une des particularités les plus déroutantes de cet Aeonium est sa tendance à perdre temporairement une grande partie, voire la totalité de sa panachure.
Une rosette peut ainsi devenir presque entièrement verte pendant plusieurs mois avant de retrouver progressivement son aspect variegata.
Cette réversion apparente ne signifie donc pas nécessairement que la plante a définitivement perdu sa mutation. Chez ‘Macaroon‘, il semble s’agir fréquemment d’une modification temporaire de l’expression de la panachure.
Pour le collectionneur, ce comportement peut néanmoins être particulièrement frustrant : une plante spectaculaire au moment de son achat peut présenter pendant plusieurs mois un feuillage beaucoup plus vert.
Une coloration qui s’intensifie au soleil
Lorsque la luminosité augmente, la bordure des feuilles se colore progressivement.
Le liseré vert périphérique évolue alors vers des teintes roses, rouges ou rouge foncé, selon l’intensité lumineuse et les conditions de culture.
Sous une exposition importante, la coloration rouge peut parfois progresser au-delà de la marge et gagner une partie du limbe.
Ce phénomène est cohérent avec le comportement de l’Aeonium botanique ‘haworthii‘, dont les feuilles vertes à gris-vert sont elles aussi fréquemment bordées de rouge lorsqu’elles sont fortement exposées.
Chez ‘Macaroon‘, la combinaison entre la panachure jaune-crème, le vert et les pigments rouges produit ainsi un contraste particulièrement élégant.
Une morphologie qui rappelle fortement ‘haworthii‘


Une floraison particulièrement importante pour déterminer son origine
Le caractère qui change tout : la fleur
La floraison constitue probablement l’élément le plus intéressant dans le débat concernant l’origine de ‘Macaroon‘.
L’Aeonium ‘leucoblepharum‘ possède des fleurs jaunes, caractère bien documenté dans la littérature botanique.
À l’inverse, l’Aeonium ‘haworthii‘ produit des fleurs blanches à blanc crème, parfois légèrement rosées. Cette caractéristique est confirmée par plusieurs références botaniques et horticoles.
Or, la floraison observée chez ‘Macaroon‘ est blanche.
Cela ne constitue pas à lui seul une preuve génétique absolue, mais c’est un indice particulièrement fort en faveur d’une parenté avec ‘haworthii‘ plutôt qu’avec ‘leucoblepharum‘.
Il serait donc particulièrement intéressant de documenter précisément la floraison de plusieurs clones de ‘Macaroon‘ afin de vérifier si cette caractéristique est constante.




Quel lien avec l’Aeonium ‘Floresens‘ ?
Une autre piste mérite également d’être évoquée.
L’Aeonium ‘Floresens‘ appartient à la lignée des Aeoniums variegata rattachés à ‘haworthii‘ et est parfois rapproché de ‘Macaroon‘ par les collectionneurs.
Les deux plantes partagent plusieurs caractéristiques générales liées à cette lignée, mais il reste actuellement difficile d’affirmer une relation directe entre elles.
Croissance et capacité à rejeter
L’Aeonium ‘Macaroon‘ présente une croissance plutôt lente, mais cette relative lenteur est largement compensée par sa très bonne capacité à produire des ramifications.
Il a tendance à rejeter facilement et peut rapidement former un petit buisson composé de nombreuses rosettes.
Cette caractéristique est particulièrement intéressante pour la multiplication végétative et explique probablement pourquoi il est possible d’observer des différences importantes de panachure entre les différentes rosettes d’un même pied.
Un Aeonium plutôt facile à cultiver
Malgré sa panachure et son comportement parfois déroutant, aucune fragilité particulière n’est actuellement clairement établie chez ‘Macaroon‘.
Substrat : un mélange très drainant est préférable afin d’éviter la stagnation d’eau au niveau des racines ;
Chaleur : Bonne tenue à la chaleur, à la sécheresse et aux rayons du soleil ;
Gel : Sensible au gel comme tous les Aeoniums.
Un problème récurrent : la disparition de la panachure
Il faut cependant insister sur un point avant de choisir cet Aeonium pour une collection.
‘Macaroon‘ peut perdre sa panachure pendant plusieurs mois.
Ce phénomène semble particulièrement fréquent durant certaines phases de croissance.
Il ne faut donc pas forcément considérer une rosette redevenue verte comme une disparition de la variegation.
PHOTOS PÉRIODE HIVERNALE












PHOTOS PÉRIODE ESTIVALE











