Origine:
Traditionnellement présenté comme une mutation ou une forme panachée de l’Aeonium haworthii. Toutefois, son origine exacte reste incertaine. Une hypothèse aujourd’hui particulièrement intéressante le considère comme un hybride Aeonium haworthii × Aeonium decorum, notamment en raison de plusieurs caractères intermédiaires observés sur le feuillage, les rosettes et la floraison.
Noms connus :
‘Dream Color’ (nom à privilégier), ‘Kiwi’, ‘Kiwionium’, ‘Tricolor’, ‘Decorum variegata’, ‘Kiwi Verde’, ‘Verde’, ‘Keweonium’. Le nom ‘Kiwi’ est extrêmement répandu dans le commerce, mais la nomenclature de ce cultivar est historiquement assez confuse.
Date de création / Créateur:
Origine inconnue. Le cultivar est ancien en culture. Une trace sous le nom Aeonium haworthii ‘Variegata’ est rapportée dès 1997, tandis que le nom ‘Dream Color’ a ensuite été publié par Harry Mak en 2003.
Histoire et origine de l’Aeonium ‘Dream Color’
L’Aeonium ‘Dream Color’ fait partie de ces Aeonium variegata anciens dont l’histoire est malheureusement difficile à reconstituer avec certitude.
Pendant de nombreuses années, il a été considéré comme une simple forme panachée de l’Aeonium haworthii. C’est d’ailleurs encore aujourd’hui le classement horticole retenu par la Royal Horticultural Society, qui le référence sous le nom Aeonium haworthii ‘Dream Color’.
Pourtant, certains caractères morphologiques ont depuis longtemps alimenté les interrogations des collectionneurs et des spécialistes.
Aevriel Scarlet, spécialiste américaine des Aeoniums, a notamment avancé l’hypothèse d’une origine hybride entre Aeonium haworthii et Aeonium decorum. Cette hypothèse repose notamment sur le fait que ‘Dream Color’ conserve le port ramifié et les tiges fines caractéristiques d’haworthii, tout en présentant des feuilles plus brillantes, une coloration rosée et une morphologie de rosette pouvant rappeler decorum.
La floraison constitue également un élément intéressant : la couleur blanchâtre des fleurs rappelle haworthii, mais leur structure ne correspondrait pas parfaitement à celle de cette espèce.
Cette hypothèse est particulièrement intéressante car des observations plus récentes de collectionneurs vont également dans le même sens. Des travaux expérimentaux rapportés en 2026 par des cultivateurs ont notamment suggéré que des hybrides obtenus entre Aeonium haworthii et Aeonium decorum pouvaient présenter une morphologie très proche de celle de ‘Dream Color’, à l’exception évidemment de la panachure. Ces observations restent toutefois à considérer comme des éléments de discussion et non comme une démonstration botanique définitive.
Description botanique :
L’Aeonium ‘Dream Color’ est un petit Aeonium arbustif particulièrement ramifié. Il forme généralement un ensemble de tiges fines portant de nombreuses rosettes terminales.
En culture, il atteint généralement 20 à 30 cm de hauteur, même si des sujets plus âgés peuvent devenir plus imposants, notamment lorsqu’ils sont laissés en pleine terre sous climat favorable. Les rosettes mesurent généralement autour de 8 à 12 cm de diamètre.
La plante possède un port compact et très ramifié qui constitue l’un de ses caractères les plus facilement reconnaissables.
Les feuilles sont charnues, relativement spatulées, avec une marge pouvant prendre une coloration rouge ou rose. La combinaison du vert, du jaune crème et du rose est à l’origine de l’une de ses principales appellations commerciales : ‘Tricolor’.
Une panachure particulièrement variable
L’une des grandes particularités de ‘Dream Color’ est la forte évolution de son apparence au cours de l’année.
Contrairement à certains Aeoniums variegata dont la panachure reste relativement stable, ‘Dream Color’ peut modifier considérablement son aspect en fonction de la luminosité, de la température et de son niveau d’hydratation.
En hiver : une panachure parfois presque invisible
Lorsque la luminosité diminue fortement en hiver, la plante peut perdre une grande partie de ses contrastes.
Le feuillage peut alors devenir majoritairement vert, donnant presque l’impression d’un Aeonium haworthii classique. Une coloration rosée peut néanmoins subsister sur la bordure des feuilles.
Chez certains sujets, le cœur de la rosette conserve au contraire une coloration jaune crème particulièrement lumineuse, tandis que les feuilles périphériques restent vertes.
Cette évolution peut être spectaculaire et ne doit pas être systématiquement interprétée comme une réversion.
Au printemps : retour progressif des contrastes
Avec l’augmentation progressive de la durée d’ensoleillement et de l’intensité lumineuse, la panachure recommence généralement à s’exprimer.
Les parties jaunes et crème deviennent progressivement plus visibles et les bordures rosées commencent à s’intensifier.
En été : explosion des couleurs
Sous une forte luminosité, combinée à des températures élevées et à un léger stress hydrique, ‘Dream Color’ peut devenir particulièrement spectaculaire.
La feuille présente alors généralement :
- une zone centrale vert clair à verte ;
- des zones intermédiaires jaune-vert ou crème ;
- une large bordure rose ;
- des extrémités pouvant devenir rouge vif.
Cette coloration rouge est particulièrement visible sur les feuilles âgées et sur les sujets bénéficiant d’une lumière importante.
Il faut néanmoins éviter de rechercher systématiquement la coloration maximale par un stress hydrique excessif. Chez les Aeoniums, la coloration et la croissance résultent d’un équilibre entre lumière, température et disponibilité en eau, et non simplement d’un manque d’eau.
‘Dream Color’ possède une croissance plutôt lente à modérée, mais sa capacité à se ramifier compense en partie cette relative lenteur.
Dans de bonnes conditions de culture, la plante peut progressivement constituer une touffe importante.
Une fragilité à relativiser
‘Dream Color’ n’est pas considéré comme un Aeonium particulièrement fragile.
Certains collectionneurs constatent une sensibilité accrue à l’humidité ambiante. Une bonne ventilation et un substrat drainant sont donc particulièrement intéressants.
Comme pour tous les Aeoniums, le gel constitue toutefois le principal danger en hiver : il s’agit d’une plante méditerranéenne subtropicale qui ne doit pas être considérée comme rustique sous les climats froids.
‘Dream Color’ est-il vraiment un ‘Kiwi’ ?
Le nom ‘Kiwi’ est aujourd’hui extrêmement répandu dans le commerce et dans les collections pour désigner ‘Dream Color’. Pourtant, la nomenclature historique est beaucoup plus complexe.
Le nom ‘Dream Color’ a été publié avant certaines des appellations aujourd’hui couramment utilisées, et plusieurs références horticoles considèrent désormais ‘Kiwi’ comme un synonyme de ‘Dream Color’.
Il existe toutefois une véritable confusion autour du terme ‘Kiwi’, notamment parce que différentes plantes ont pu être commercialisées sous ce nom.
Pour VariegatedAeonium.fr, nous privilégions donc le nom ‘Dream Color’, tout en conservant ‘Kiwi’ parmi les noms connus afin de faciliter les recherches des collectionneurs.
Attention aux confusions avec ‘Kiwi Variegata’
Il existe aujourd’hui une autre plante commercialisée sous le nom de ‘Kiwi variegata’, apparue notamment dans les collections américaines vers 2018.
Cette plante ne doit pas être assimilée à ‘Dream Color’.
Floraison de ‘Dream Color’
La floraison de ‘Dream Color’ est particulièrement intéressante lorsqu’on cherche à déterminer son origine.
Les fleurs sont blanches à blanchâtres, ce qui rappelle fortement Aeonium haworthii.
Cependant, leur morphologie a également été utilisée pour alimenter l’hypothèse d’une parenté avec Aeonium decorum.
La floraison apparaît généralement après plusieurs années de culture, comme chez de nombreux Aeoniums, et se développe à partir d’une rosette mature.
Il faut toutefois garder à l’esprit qu’une rosette qui fleurit entre ensuite dans son cycle terminal : chez les Aeoniums, la rosette florifère meurt généralement après la floraison, tandis que les autres rosettes et ramifications permettent à la plante de poursuivre son développement.
Réversion et perte de panachure
La disparition temporaire de la panachure est l’un des phénomènes qui génèrent le plus de questions chez les propriétaires de ‘Dream Color’.
Une plante qui devient très verte en hiver ou lors d’une période de faible luminosité n’est pas nécessairement une plante revenue à la forme sauvage.
Chez ce cultivar, les variations saisonnières de coloration et de visibilité de la panachure sont particulièrement importantes.
Une amélioration progressive des conditions lumineuses peut permettre à la coloration de réapparaître.
En revanche, lorsqu’une branche produit durablement des rosettes entièrement vertes, il peut effectivement s’agir d’une réversion sectorielle ou d’une branche revenue vers une forme moins ou non panachée. Ces branches peuvent être supprimées si l’objectif est de conserver une plante fortement panachée.
À l’inverse, l’apparition de pousses présentant très peu de chlorophylle doit être surveillée : une rosette presque entièrement blanche ou jaune possède une capacité photosynthétique très réduite et peut donc présenter une croissance beaucoup plus lente.
PHOTOS PERIODE HIVERNALE












PHOTOS PERIODE ESTIVALE




FLORAISON DREAM COLOR

Évolution d’une bouture de ‘Dream Color’ sur une année





