Origine :
Origine exacte inconnue. Sa morphologie générale et surtout son mode de ramification permettent toutefois d’envisager une proximité avec Aeonium undulatum. Une origine mutationnelle produisant une croissance anormale de type monstruosa est également envisageable, mais aucune de ces hypothèses n’est actuellement démontrée.
Noms connus :
‘Île du Levant’ (nom officiel).
Date de création / Créateur :
Découvert en 2022 par Pierre Quillier dans des jardins privés de l’île du Levant, située dans le Var (France).
Première commercialisation en 2025.
Description botanique
Aeonium ‘Île du Levant‘ est un Aeonium arbustif particulièrement original dont la morphologie semble présenter plusieurs similitudes avec Aeonium undulatum.
Cette espèce botanique, endémique de Gran Canaria, forme de grandes rosettes terminales portées par des tiges robustes. Ses feuilles sont normalement larges, spatulées à obovales-spatulées, vertes, glabres et légèrement ondulées. Les rosettes adultes peuvent atteindre environ 15 à 30 cm de diamètre.
Mais c’est surtout l’architecture de la plante qui rend la comparaison avec Aeonium ‘Île du Levant‘ particulièrement intéressante.
Aeonium undulatum présente en effet un mode de ramification inhabituel : les nouvelles pousses apparaissent principalement depuis la base de la plante, alors que de nombreuses autres espèces arbustives du genre développent leurs ramifications plus haut sur les tiges.
Or ce comportement est également observé chez Aeonium ‘Île du Levant‘.
Il constitue donc un indice morphologique intéressant en faveur d’une possible proximité avec Aeonium undulatum, sans pour autant permettre de démontrer cette filiation.
Des feuilles à la morphologie unique
La principale caractéristique de Aeonium ‘Île du Levant‘ se situe incontestablement au niveau de son feuillage.
Les feuilles sont fortement incurvées et irrégulières, avec un développement du limbe qui semble perturbé par rapport aux formes classiques du genre.
Certaines feuilles se recourbent fortement tandis que d’autres peuvent présenter des ondulations ou des déformations plus complexes.
Le phénomène est particulièrement spectaculaire au niveau du cœur de la rosette.
Les jeunes feuilles ont tendance à se redresser et à se resserrer autour du méristème central, créant une structure compacte donnant parfois l’impression que la rosette protège naturellement son cœur.
C’est cette architecture foliaire qui donne à Aeonium ‘Île du Levant‘ son aspect immédiatement reconnaissable.
Une fermeture qui ne semble pas liée à la dormance estivale
Il est important de distinguer cette morphologie du comportement estival normal de nombreux Aeoniums.
Chez certaines espèces, les rosettes deviennent effectivement plus compactes pendant l’été. C’est notamment le cas de Aeonium undulatum, dont les rosettes sont décrites comme relativement plates pendant la croissance mais peuvent modifier leur architecture durant la période estivale.
Chez Aeonium ‘Île du Levant‘, la situation semble différente.
Le redressement et la déformation des feuilles sont présents durablement, y compris lorsque la plante se trouve en croissance active et dans des conditions favorables.
Il ne s’agit donc vraisemblablement pas d’une simple réaction temporaire à la chaleur ou au déficit hydrique, mais bien d’un caractère morphologique propre au cultivar.
Une possible mutation de type monstruosa ?
L’une des hypothèses les plus intéressantes concerne la possibilité d’une mutation morphologique de type monstruosa.
Dans l’univers des plantes succulentes, certaines mutations peuvent modifier profondément l’organisation normale des tissus et provoquer des formes de croissance inhabituelles : feuilles déformées, croissance irrégulière, ramifications anarchiques ou modification de la structure des méristèmes.
Les formes monstruosa doivent cependant être distinguées des formes cristées (cristata). Dans une cristation, le méristème apical s’allonge généralement pour produire une croissance en crête ou en éventail ; ce phénomène est d’ailleurs documenté chez les Aeoniums.
Aeonium ‘Île du Levant‘ ne présente pas cette architecture typiquement cristée.
Sa particularité semble davantage concerner le développement et la géométrie des feuilles elles-mêmes ce qui pourrait aller dans le sens d’une mutation morphologique évoquant une forme monstruosa.
Une origine Aeonium undulatum qui mérite d’être étudiée
Plusieurs éléments rendent néanmoins l’hypothèse Aeonium undulatum particulièrement intéressante :
- port général relativement proche ;
- feuilles larges présentant naturellement une certaine ondulation ;
- grandes rosettes terminales ;
- surtout, production caractéristique de rejets depuis la base de la plante.
Ce dernier caractère est probablement le plus pertinent.
La littérature botanique décrit effectivement Aeonium undulatum comme une espèce à architecture particulière au sein du genre, dont les ramifications se développent principalement depuis la base.
Néanmoins, une similitude morphologique ne démontre pas une filiation génétique. La floraison de Aeonium ‘Île du Levant‘ pourrait apporter des informations supplémentaires particulièrement précieuses : couleur des fleurs, nombre de pièces florales, architecture de l’inflorescence, pilosité et morphologie des bractées pourraient être comparées à celles de Aeonium undulatum.
Les caractères floraux sont d’autant plus intéressants que des travaux scientifiques consacrés aux Aeoniums ont montré que certains caractères floraux sont davantage corrélés à la phylogénie, tandis que plusieurs caractères végétatifs peuvent être fortement influencés par les conditions écologiques.
La première floraison documentée de ce cultivar sera donc un événement particulièrement intéressant pour tenter d’en préciser l’origine.
Un mode de ramification à surveiller
La majorité des rejets observés semblent apparaître depuis la partie basse de la plante, caractère compatible avec l’hypothèse Aeonium undulatum.
Cependant, des pousses apparaissant directement à proximité ou à l’intérieur de la rosette ont également été observées.
Ce comportement mérite d’être documenté au fil des années.
S’il se confirme de manière régulière, il pourrait constituer une autre particularité du cultivar et éventuellement être associé à la mutation responsable de sa morphologie inhabituelle.
Il sera donc particulièrement intéressant de suivre simultanément :
la localisation des nouveaux rejets, la stabilité des feuilles déformées et l’évolution de cette morphologie lors des multiplications successives par bouturage.
Si toutes les plantes multipliées végétativement conservent durablement ces caractères dans des conditions de culture différentes, cela renforcera fortement l’hypothèse d’un caractère mutationnel stable plutôt que celle d’une simple déformation provoquée par l’environnement.
PHOTOS PÉRIODE HIVERNALE





PHOTOS PÉRIODE ESTIVALE










