Origine:
L’Aeonium ‘Albovariegatum’ est un Aeonium variegata issu d‘une mutation de l’Aeonium arboreum.
Noms connus :
‘‘Albovariegatum’ (nom horticole le plus utilisé), Sempervivum arboreum var. albovariegatum Weston (1770), Sempervivum arboreum var. variegatum G.Don (1834), Aeonium arboreum var. albovariegatum Berger (1930).
Date de création / createur :
D’après les recherches historiques de Mellie Lewis, cette mutation pourrait être apparue en Angleterre dès le milieu du XVIIᵉ siècle, dans la collection de Mary Capel Somerset, duchesse de Beaufort.
Histoire & Origine
L’Aeonium ‘Albovariegatum’ occupe une place particulière dans l’histoire des Aeoniums variegata.
Bien avant l’apparition des nombreux cultivars panachés commercialisés aujourd’hui, des formes panachées de l’Aeonium arboreum étaient déjà connues et décrites dans la littérature botanique.
Le saviez-vous ? Les recherches historiques menées par la spécialiste britannique Mellie Lewis retrace son origine. Selon l’histoire qu’elle a reconstituée, Mary Capel Somerset, duchesse de Beaufort, aurait cultivé dans son domaine de Badminton, au milieu du XVIIᵉ siècle, un Aeonium provenant de Lusitanie. Une branche accidentellement cassée aurait alors été mise en bouture avant de produire une croissance panachée, possiblement à l’origine de l’Aeonium ‘Albovariegatum’.
Le nom Sempervivum arboreum var. albovariegatum a ainsi été publié par Weston dès 1770. À cette époque, l’espèce était encore classée dans le genre Sempervivum. Le passage ultérieur vers le genre Aeonium a naturellement entraîné différentes combinaisons nomenclaturales.
En 1959, le botaniste néerlandais Boudewijn Karel Boom (B.K. Boom) établit ‘Albovariegatum’ comme cultivar dans la revue Succulenta.
Cette histoire fait de ‘Albovariegatum’ l’un des témoignages les plus anciens de la sélection et de la conservation de mutations panachées chez les Aeoniums.
Description botanique
L’Aeonium ‘Albovariegatum’ est un Aeonium arbustif variegata appartenant à la lignée de l’Aeonium arboreum.
Il conserve le port arborescent caractéristique de son parent. Les tiges deviennent progressivement ligneuses et portent, à leur extrémité, des rosettes constituées de nombreuses feuilles charnues.
Avec l’âge, la plante peut former un petit arbuste ramifié et produire plusieurs rosettes terminales.
Les feuilles sont généralement spatulées à lancéolées et présentent une large zone centrale verte entourée de tissus dépourvus ou pauvres en chlorophylle, donnant une coloration blanc crème à jaune pâle.
La quantité de chlorophylle présente dans chaque feuille peut toutefois varier considérablement. Cette variabilité explique que deux sujets portant le même nom puissent présenter des différences assez importantes dans l’intensité de leur panachure.
La caractéristique principale de ‘Albovariegatum’ est donc cette association très élégante entre vert et blanc crème.
En période de faible luminosité, notamment pendant l’hiver, la rosette présente généralement une zone centrale verte entourée de bandes latérales claires.
Lorsque la luminosité augmente, le contraste peut devenir beaucoup plus marqué.
Certaines observations horticoles montrent également que les tissus périphériques peuvent prendre des nuances légèrement rosées lorsque la plante bénéficie d’une exposition lumineuse importante.
Cette coloration reste cependant beaucoup plus discrète que chez de nombreux cultivars modernes sélectionnés précisément pour leurs capacités à produire des teintes rouges, roses ou noires.
‘Albovariegatum‘ et ‘Luteovariegatum‘ : deux cultivars ou un seul ?
Voici l’un des sujets les plus intéressants concernant cet ancien Aeonium.
Historiquement, les noms ‘Albovariegatum’ et ‘Luteovariegatum’ ont été utilisés pour distinguer deux formes.
Le premier serait caractérisé par une panachure davantage blanche ou crème, tandis que ‘Luteovariegatum’ aurait tendance à présenter des tons plus jaunes et à développer plus facilement une coloration rouge sur les marges.
Cependant, cette distinction n’est pas unanimement retenue.
La Ferme botanique de Kerveat, après avoir cultivé pendant de nombreuses années des plantes considérées comme appartenant à ‘Luteovariegatum’ provenant de différentes origines, considère aujourd’hui les deux noms comme désignant un seul et même cultivar. Les différences observées seraient davantage liées aux clones, aux conditions de culture ou à l’expression variable de la panachure.
Cette question reste donc particulièrement intéressante pour les collectionneurs.
Sur VariegatedAeonium.fr, il est préférable de conserver cette information plutôt que d’affirmer définitivement que les deux noms correspondent à deux plantes différentes.
Une plante réputée fragile
C’est probablement l’aspect le plus important à connaître avant d’acquérir ‘Albovariegatum’.
Malgré son ancienneté et son appartenance à l’Aeonium arboreum, qui est généralement considéré comme un Aeonium relativement robuste, la forme panachée est nettement plus délicate.
Cette fragilité a été retrouvée sur des clones provenant de différents pays et continents. Sa culture est suffisamment délicate pour que parvenir à obtenir un beau sujet adulte puisse constituer un véritable défi.
Cette fragilité peut probablement être mise en relation, au moins en partie, avec la quantité réduite de chlorophylle présente dans les tissus panachés.
Moins de chlorophylle signifie potentiellement une capacité photosynthétique moindre. Une plante très fortement panachée peut donc disposer de moins de ressources pour produire de nouvelles pousses et reconstituer son système racinaire après un stress.
Cette relation n’est toutefois pas absolue et dépend également du clone et des conditions de culture.
Croissance & ramification
La croissance de ‘Albovariegatum’ est généralement décrite comme plutôt lente.
Une fois bien installé, il peut néanmoins développer progressivement des ramifications et former un petit arbuste composé de plusieurs rosettes.
La lenteur de croissance est probablement l’une des raisons pour lesquelles les beaux sujets anciens sont particulièrement intéressants dans une collection.
Il faut également éviter de comparer sa vitesse de croissance directement avec celle d’un Aeonium arboreum vert classique : la panachure peut réduire la quantité de tissus photosynthétiques disponibles et donc influencer la vigueur générale.
L’importance de la luminosité
La luminosité constitue un paramètre essentiel pour ‘Albovariegatum’.
Une lumière insuffisante peut entraîner une augmentation visuelle de la proportion de vert et rendre la plante moins compacte.
À l’inverse, une luminosité importante permet généralement de conserver une architecture plus dense et de mieux faire ressortir les zones claires.
Il faut toutefois trouver un équilibre.
Plus de lumière ne signifie pas nécessairement plus de soleil direct.
Une plante ayant été cultivée à l’ombre ou en serre doit être progressivement acclimatée avant d’être exposée à un soleil intense. Les tissus panachés, moins riches en chlorophylle, peuvent être particulièrement sensibles aux brûlures.
Une exposition lumineuse avec une protection aux heures les plus chaudes peut donc constituer un excellent compromis.
Que faire en cas de pourriture ?
La réaction doit être rapide.
Si une tige commence à présenter des signes de pourriture, il peut être nécessaire de supprimer la partie atteinte et de conserver uniquement les tissus sains.
La méthode consiste à réaliser une coupe franche dans une zone parfaitement saine, puis à laisser cicatriser la bouture avant de tenter son enracinement.
Cette capacité de sauvetage par bouturage est particulièrement importante chez ‘Albovariegatum’, compte tenu de sa réputation de fragilité.
Il est néanmoins préférable de prévenir le problème plutôt que de devoir sauver une plante déjà fortement atteinte.
Floraison
Comme l’Aeonium arboreum, ‘Albovariegatum’ peut produire une inflorescence terminale portant de nombreuses petites fleurs jaunes.
La floraison intervient généralement lorsque la plante a atteint une maturité suffisante.
Chez les Aeoniums, la rosette qui produit une inflorescence terminale entre ensuite dans un processus de dépérissement lié à la floraison.
Cela ne signifie toutefois pas nécessairement la disparition du plant entier : les ramifications et rosettes latérales peuvent continuer leur développement.
PHOTOS PÉRIODE HIVERNALE
PHOTOS PÉRIODE ESTIVALE













